مجاهد قهرمان، احمد رئوف بشري‌دوست پس از بيش از 5سال اسارت در زندانهاي خميني دژخيم در جريان قتل عام زندانيان سياسي مجاهد در سال 1367 به شهادت رسيد.

dimanche 27 août 2017

lettre à Haut-Commissaire des Nations unies

Monsieur Zeid Ra'ad Al-Hussein
Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme

Je vous écris en tant que réfugiée politique iranienne résidant en France. Je suis une ancienne détenue politique et membre d’une famille de victimes du massacre des prisonniers politiques de l’été 1988 en Iran.
J’ai été arrêtée en septembre 1981 et condamnée à 20 ans de prison dans un simulacre de procès de 10 minutes.  

Mon frère cadet Ahmad Raouf Bachari-doust n’avait que 16 ans, en 1982, quand il a été arrêté chez nous, dans un raid des gardiens de la révolution, pour avoir participé à des meetings des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI).

Vers la fin de 1982, après plusieurs séries d’interrogatoires et de tortures, il a été condamné à 5 ans de prison et incarcéré à la prison de Racht puis d’Evine à Téhéran et Gohardacht dans la ville de Karadj. En mars 1988, pour la première fois, jai reçu une lettre d’Ahmad. Il avait été libéré après presque six ans de prison et cherchait à quitter le pays pour me rejoindre à l’étranger.


Quelques mois plus tard, il a quitté la ville de Racht, mais il est tombé dans un piège des services de renseignement du régime. Il a de nouveau été arrêté et emmené sous la torture. Ahmad a été pendu sur ordre de Khomeiny comme plus de 30.000 prisonniers politiques exécutés dans le massacre de l’été 1988.

En 1991, les agents des services de renseignement ont dit à mon père qu’ils l’avaient exécuté dans la prison d’Oroumieh, dans le nord-ouest de l’Iran, mais ils n’ont pas révélé où ils l’avaient enterré.

Monsieur Haut-Commissaire,

En 1988 après six ans d’attente, alors que j’avais l’espoir de revoir mon cher frère, j’ai reçu la nouvelle de son exécution. Vous pouvez imaginer mon immense peine, qui n’a jamais cessé au bout de 29 ans. C’est une plaie ouverte qui saigne encore. Après 29 ans, nous n’avons pas pu faire notre deuil, car les bourreaux n’ont ni remis la dépouille de mon frère à ma famille, ni informé où il était enterré. Après 29 ans, la justice n’est pas été rendue et les criminels sont encore aux pouvoir en Iran.
Cela fait 29 ans que mon père cherche la tombe de son fils, comme les parents de 30.000 autres victimes de ce crime contre l’humanité commis par les mollahs en Iran sur ordre de Khomeiny durant l’été 1988. 

Eté 2016, la diffusion sur les réseaux sociaux d’une bande audio bouleversante de la rencontre, le 15 août 1988, entre Montazeri, le dauphin déchu de Khomeiny, et des membres de la «commission de la mort», a levé le voile sur l’ampleur du massacre de 1988 en Iran.

L’ayatollah Montazeri interpelle les responsables chargés du génocide : « Le plus grand crime commis sous la République islamique, pour laquelle l’histoire nous condamnera, a été commis par vous. Vos (noms) seront gravés dans les annales de l’histoire comme des criminels.»
Quant aux membres de la commission de la mort, ils n’ont toujours pas été punis et continuent d’occuper des postes clés :
Le 8 aout, le président des mollahs Hassan Rohani a nommé Alireza Avaï, un membre de la commission de la mort chargé du massacre dans la province du Khouzistan, pour succéder à Mostafa Pour-Mohammadi au poste de ministre de la Justice. Le prédecesseur de Avaï  était aussi un membre de la « commission de la mort » à Téhéran  et dont la voix figure dans l’enregistrement de Montazeri a déclaré à l’agence Tasnim du 28 aout 2016 : « Nous sommes fiers d’avoir appliqué le commandement divin à l’égard des hypocrites (Moudjahidine du peuple)…». Nayyeri, un autre membre de la commission de la mort, est actuellement à la tête de la Cour spéciale chargée du clergé, et Raïssi a été nommé par le Guide suprême à la tête de la puissante fondation Astan-e-Qods après avoir été procureur général…

  Aujourd’hui le mouvement pour la justice en faveur de ces victimes  prend de l’ampleur en Iran et ne lâchera pas les mollahs. Cette tragédie a installé un océan de sang entre la société iranienne et le régime des mollahs. Des années ont passé. Mais la blessure de la société iranienne ne s’est pas refermée: « ni oubli, ni pardon. » Et le chiffre 67 (équivalent de l’année 88 dans le calendrier iranien) est devenu le nom de code de cette injustice sanglante.   les générations qui sont nés après Mon frère Ahmad sont aujourd’hui en quête de la vérité et de la justice pour les victimes du  «plus grand crime commis sous la République islamique »  comme l’a dit le 15 août 1988   Hossein-Ali Montazeri, à l’époque successeur de Khomeiny, à des membres de la « commission de la mort», chargé d’appliquer le décret des exécutions massives.


Monsieur Haut-Commissaire,

Le moment n’est-il pas venu de mettre fin à la machine de la mort et des exécutions en Iran ? En tant que victime du régime des mollahs au nom du sang versé innocent, je vous demande d’agir dans la fonction qui est la vôtre. Nous voulons que justice soit faite. Vous pouvez, à la session actuelle de l’Assemblée générale de l’ONU briser le silence sur ce massacre de l’été 1988 en Iran et le condamner avec force dans votre intervention à la tribune, tout en demandant l’ouverture d’une enquête.

Il est également nécessaire de condamner ce massacre dans la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU.  Les Nations Unies doivent prendre les dispositions politiques et juridiques nécessaires en ce qui concerne les poursuites internationales des dirigeants du régime pour ce crime contre l’humanité.

Je suis prête à témoigner devant toutes les instances juridiques et internationales.

Avec mes remerciements, je vous prie d’agréer mes salutations respectueuses.

Mahsomeh Raouf



Ci-joint : photo de mon frère Ahmad Raouf Bachari-doust

1 commentaire:

  1. Bravo pour cette belle initiative pour raviver le souvenir des martyrs de la liberté en Iran.

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