مجاهد قهرمان، احمد رئوف بشري‌دوست پس از بيش از 5سال اسارت در زندانهاي خميني دژخيم در جريان قتل عام زندانيان سياسي مجاهد در سال 1367 به شهادت رسيد.

mercredi 5 juillet 2017

“Mon père cherche encore la tombe de mon frère”


Une ancienne détenue politique et membre de la Résistance raconte comment il y a 29 ans son frère cadet, Ahmad Raouf, a disparu dans ce grand massacre qui n’a laissé que des charniers dont le régime n’a toujours pas révélé les emplacements :

En mars 1988, j’ai reçu une lettre d’Ahmad. Il avait été libéré et cherchait à quitter le pays pour rejoindre l’OMPI. Quelques mois plus tard il quitte la ville de Racht pour rejoindre le camp d’Achraf. Mais sans le savoir il tombe dans un piège des services de renseignement. A mi-chemin, il est à nouveau arrêté et emmené sous la torture. Moi j’attendais son arrivée. Des jours d’attente qui n’en finissaient pas.


Quand j’ai lu les nouvelles sur le massacre, j’ai décidé d’appeler mon père. Il m’a déclaré avec surprise : « mais il n’est pas avec toi ? Il nous a dit adieu pour aller te voir. Mais s’il n’est pas avec toi, alors ... ? »

Mon père avait deviné juste. Après mon appel, il est allé de prison en prison à la recherche d’Ahmad, mais il n’a rien trouvé. Ni nom, ni trace, ni tombe. Ahmad avait été pendu sur ordre de Khomeiny comme les 30.000 prisonniers politiques exécutés dans ce massacre. En 1991, les agents des services de renseignement ont dit à mon père qu’ils l’avaient exécuté dans les prisons d’Oroumieh, dans le nord-est de l’Iran, mais ne lui ont pas révélé où ils l’avaient enterré.

Il y a 29 ans que mon père cherche la tombe de son fils, comme les parents de 30.000 autres victimes de ce crime contre l’humanité. Les responsables de ce génocide n’ont toujours pas été punis et continuent de torturer et d’exécuter en Iran. Il faut arrêter cette tuerie.

 Traduire en justice les responsables du massacre de 1988

Dans une conférence de presse, le 4 août 2010, et en présence de témoins du massacre de prisonniers politiques de 1988, le Comité international de Juristes en défense des victimes du soulèvement en Iran (CIJ-Iran) a lancé un appel pour que le Conseil de sécurité de l’ONU se saisisse du dossier et que les responsables des massacres soient traduits en justice devant un tribunal spécial international.

En 1988, sur une fatwa lancée par Khomeiny, des dizaines de milliers de prisonniers politiques dont la plupart étaient des sympathisants des Moudjahidine du peuple, ont été exécutés en quelques mois. Selon certaines estimations concordantes, le nombre des prisonniers exécutés dépasse les 30 000.

Le CIJ-Iran sous la présidence de Me William Bourdon a été constitué en juillet 2009 par des juristes et des avocats à travers le monde pour défendre les victimes de la répression du soulèvement en Iran. Le CIJ-Iran constate que de nombreux anciens prisonniers politiques qui ont échappé au massacre de 1988 sont à nouveau emprisonnés et certains, comme M. Jafar Kazemi, ont vu leur condamnation à mort confirmée par les instances juridiques du régime iranien et se trouvent dans les couloirs de la mort.

Lors de cette conférence M. Mostafa Naderi, un des témoins qui a passé plus de 11 ans dans les prisons de Khomeiny, dont cinq années en cachot pour appartenance à l’OMPI, a précisé : « A la prison d’Evine où 12.000 prisonniers politiques étaient incarcérés, après ce massacre il n’en restait plus que 250 ».

M. Naderi a énuméré quelques-uns des principaux responsables des comités de la mort nommés par Khomeiny et toujours en poste de responsabilités sensibles. Il s’agit de :
- Ebrahim Raïssi, Procureur adjoint de Téhéran, actuellement numéro 2 du pouvoir judiciaire
- Mostafa Pour-Mohamadi, représentant du ministère des Renseignements dans le comité de la mort, actuellement directeur de l’organisation des inspections.
- Gholamhossein Mohseni Ejeï, représentant du juge suprême au sein du ministère des renseignements, actuellement Procureur général.
- Mohammad Moghisseh, directeur de la prison de Gohardacht et actuellement un des juges qui ordonnent les condamnations à mort des manifestants du soulèvement de 2009.

M. Naderi a souligné que le guide suprême Ali Khamenei était également impliqué dans ce massacre. “Aujourd’hui le régime tente de supprimer les témoins de ce génocide et de raser les endroits connus pour être les fosses communes où les victimes sont enterrées comme à Khavaran au sud de Téhéran.”
Le Dr Saleh Radjavi représentant du CNRI en France a également souligné la nécessité de briser le silence autour de ce massacre et appelé les gouvernements occidentaux à réagir à cet appel. Le Dr. Radjavi dont la soeur, Monireh, a été exécutée durant ce massacre a précisé: “Monireh a été arrêtée avec ses deux enfants parce qu’elle s’appelait Radjavi. Elle a été exécutée en 1988 pour le seul crime d’être la soeur de Massoud, le leader de la Résistance.

Le bâtonnier Gilles Paruelle et Me Bernard Dartevel membre du CIJ-Iran on développé les arguments juridiques pour que le conseil de sécurité se saisisse de ce dossier. Ils ont affirmé qu’en fonction de la jurisprudence existante sur le génocide en Yougoslavie, au Rwanda et au Cambodge, le Conseil de Sécurité de l’ONU est habilité à constituer un tribunal spécial pour traduire les responsables du massacre de 1988 en Iran.


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